Y

iu, c’est 2 cycles de SF de 7 tomes chacun, dont le second narre les premières missions de l’héroïne. Alors, valent réellement ces 14 tomes ?

 

Un monde en déliquescence

Mais comment en sommes-nous arrivés là ?

Les 15 premières pages du tome 1 répondent de manière grandiose à cette question à travers 5 magnifiques illustrations pleine page et autant en double page. Dès le début, la BD frappe fort, l’immersion est totale.

Elles décrivent les différents événements mondiaux qui ont conduit le monde à se focaliser sur la Nouvelle Jérusalem, une ville tentaculaire, polluée, sombre où se côtoient toutes les religions.

Le tout dans un contexte futuriste à la Blade Runner où se croisent les Assassaints (les robots tueurs) et les tueuses suicidaires au service de l’œcumène.

C’est à cette dernière catégorie qu’appartient Yiu. Une jeune femme cumulant les NRM (Non Return Mission - Mission sans retour). Une femme pour qui la seule vie qui compte est celle de son petit frère, victime d’une dégénérescence sévère de son ADN qui le condamne à une mort inévitable si elle ne réunit pas la somme exhorbitante que coûte l’opération.

Alors, Yiu accumule les missions suicidaires. Elle les enchaine avec une rage inhumaine. Un cas unique dans l’histoire de l’œcumène.

 

L’apocalypse aura lieu en 2166

Sans rien spolier, ce cycle raconte donc la dernière mission de Yiu (alors que les premières missions narrent des missions plus ou moins indépendantes et antérieures). Et bien que l’on retrouve quelques personnages du second cycle dans le premier, cela ne pose aucun problème pour suivre l’histoire, tellement ces clins d’œil, pour sympathiques qu’ils sont, restent anecdotiques.

Or donc, dans la seconde moitié de ce 22e siècle déserté par la raison, une secte satanique réussit, grâce à la technologie, à donner naissance à l’Antéchrist, au grand purificateur du Monde.

La nouvelle de sa naissance fait basculer la Nouvelle Jérusalem dans une folie irréversible qui pousse l’Œcumène à ordonner une ultime mission suicide : éliminer ce dieu naissant avant qu’il ne prenne tellement de pouvoir que la situation devienne complètement hors contrôle.

C’est là que Yiu rentre en scène.

 

Une maîtrise absolue

Yiu, c’est beau, quand ce n’est pas magnifique. Des dessins sublimes, un découpage au cordo, une énorme réussite.

On retrouve ce niveau d’exigence tant dans le cycle principale que dans les Premières missions (qui constituent, in fine, une prémisse au premier cycle).

Du coup, ce second cycle possède la même force que son prédécesseur.

Mais ATTENTION : ceux qui veulent commencer ce second cycle doivent savoir que le dernier tome (le 7) est épuisé et quasi-introuvable !

Espérons que Soleil procède prochainement à une ré-édition.

 

En conclusion

Yiu est une œuvre exceptionnelle, bouleversante, frôlant le chef d’œuvre absolu.

Passer à côté serait pire qu’un crime : en l’espèce, ce serait un blasphème. ;)

 


Les cycles Yiu - Premières missions et Yiu sont édités par Soleil

Scénario : Téhy, J.M. Vee - Dessins : Vax, Nicolas Guénet, Jérome Renéaume

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