À

l’occasion de la sortie d’American Nightmare 4, j’ai décidé de revoir la trilogie et de faire cet article sur l’ensemble de cette série pleine de bonnes choses.

 

Une quadrilogie qui tient de vrais propos.

La plus grande qualité de ces films, c’est leurs propos. Enfin des Thrillers qui disent des choses, posent un regard sur la société, et projètent sur écrans leurs réflexions –et pas seulement de jolies images dénuées de sens, comme c’est malheureusement le plus souvent le cas.

La série des American Nightmare se passe dans un futur tout proche et plonge ses racines dans la société actuelle. Elle extrapole simplement les pires dérives de nos grandes démocraties, en imaginant la pire des solutions comme pierre angulaire d’une politique économique, mais pas que!

Tout le concept de la série repose sur l’idée d’une purge annuelle durant laquelle les meurtres sont légaux. Les trois premiers films explorent, à des niveaux différents (le voisinage dans le premier film, la ville dans le deuxième, la nation et l’État dans le troisième, le communautarisme, et le racisme qui en découle, dans le quatrième) les différents types de comportements qu’engendre la mise en place de cette folle nuit, présentée par les autorités comme une catharsis nationale salvatrice.

 

Une réflexion sociologique brillante

Et c’est là toute la force de ces films : ventiler les différents aspects qui découlent de ce postulat radical, ainsi que les différentes thématiques liées, sur plusieurs films, en évitant ainsi d’en produire un seul qui serait indigeste et confus.

Nous sommes donc face a une véritable trilogie (et non pas face à une franchise qui se décline en profitant du succès du premier film), cohérente et justifiée dans sa forme.

C’est justement cette thématique qui rapproche ces films de l’un des chefs-d’œuvres de Kubrick : Orange mécanique. Dans les 2 cas, il est question de maîtriser une violence engendrée par la société. Et tout l’enjeu pour celle-ci est de la contrôler à son profit.

Du coup, la comparaison entre la vision de Kubrick à l’époque et celle de DeMonaco maintenant est plus qu’intéressante, tant au niveau des raisons qui mènent à cette violence que des objectifs du pouvoir en place à son égard.

  

 

OK, mais je n’aime pas la violence !

Ça, c’est l’argument que j’entends le plus souvent de la part de ceux qui refusent catégoriquement de jeter un œil sur cette, pourtant très bonne, série.

Il me semble alors important de préciser que ces films parlent de la violence, traitent de la violence, dénoncent la violence, et que ceci ne peut se faire sans en montrer les exactions. Toutefois, et contrairement à ce que peuvent faire croire certaines bandes-annonces racoleuses, les films ne sont pas une succession de scènes violentes et insupportables. Loin de là ! Les quelques passages violents qui s’y trouvent sont là pour faire prendre conscience aux spectateurs de l’ampleur de la dérive, de la folie humaine. Ils ne sont jamais gratuits.

 

Qu’en est-il alors, du quatrième opus ?

Sortie très récemment, et encore présent dans certaines salles, le quatrième film est en fait une prèquelle à la trilogie. Il repose sur la mise en place de la première purge, présentée alors comme une expérience limitée à certains quartiers.

Bien que le film explore, comme c’est le cas de chacun des précédents, un nouveau point de vue, sa nature même de prèquelle diminue, de facto, sa force : dès le début on sait d’où on part et où on arrive.

Toutefois, le film propose quelques bonnes idées et est loin d’être mauvais. Il s’agit là d’une prèquelle tout à fait honorable, bien que la trilogie initiale se suffit à elle-même.

 

 

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